d#sonore

Du mercredi 29 février au vendredi 2 mars 2012, l'école européenne supérieure d'art de Bretagne – site de Brest propose la troisième édition des 3d#, des lectures, des théories et des pratiques dans le champ du design : compositeurs, chercheurs, poètes et designers viendront évoquer leur travaux d'investigation et de création à partir de la matière sonore.

mercredi 29 février

11 h 00 > Claudia Triozzi

À partir de 1991, où, pour une soirée au 18-Théâtre, Claudia Triozzi crée un premier solo, La Vague, elle réalise ses propres pièces pour lesquelles elle développe autant la direction de la mise en scène que l'interprétation. Depuis la pièce The Family Tree (2002), elle explore le travail de la voix en passant par des expériences qui l'engageront à l'écriture des textes et chansons – la pièce se présente comme « une suite de chansons » conçue avec la complicité de Xavier Boussiron. Un intense travail vocal sera également à l'œuvre dans Stand (2004). En 2006, avec Michel Guillet (instrumentals) et la compositrice japonaise Haco, elle présente une performance sonore, Fais une halte chez Antonella. En 2007, dans Up to date, le corps se fond dans un décor-camouflage : une suite de tableaux mouvants qui, là encore, entre en relation avec un travail sonore. Dans La Prime (2008), l'improvisation vocale se confrontera au bruit des machines de l'usine. Elle développe des sonorités au vocabulaire bruitiste et lyrique où la voix s'exprime par des paragraphes de temps qui se puisent dans le cinéma, le théâtre et la radiophonie. Claudia Triozzi produit également des vidéos et installations, parfois tirées de ses pièces.

14 h 00 > Roland Cahen, Navigation sonore et musicale

Comment l'expérience et la représentation de l'espace peuvent-elles réorienter la création sonore ? Exploration de concepts liés à la notion de navigation sonore située à travers un ensemble de projet artistiques et expérimentaux.

Roland Cahen est compositeur de musique électroacoustique, designer sonore, chercheur, professeur en charge du studio de design sonore de l'ENSCI-Les Ateliers. Né à Paris en 1958. Études de Composition électroacoustique au Conservatoire national supérieur de Paris (1977-1980), classe de Pierre Schaeffer. Compose des musiques électroacoustiques pour le concert, théâtre, cinéma, danse, arts numériques (INA/GRM, IMEB, DeltaP, EspaceMusical, …). Développe la spatialisation sonore et la musique cinétique. Sound Design pour la muséographie, l'architecture, l'installation d'espace, des objets et des services. Arts expérimentaux : interaction numérique et art vivant, réalité virtuelle et augmentée. En tant que professeur et chercheur, crée en 1981 le département de Musique électroacoustique du conservatoire national d'Amiens et y enseigne jusqu'en 1994. Université Lille III - CFMI (1990-1992). Crée en 1993 l'atelier de Création sonore de l'ENM, Montbéliard. En 2000, crée le Studio sonore de l'ENSCI - Les Ateliers. Les projets de recherche : principalement audiographiques et numériques, l'espace sonore et le domaine du geste à l'Ircam, à l'ENSCI, au CICV : Octophonie (1984-1986), (1993-1994) ; MusiqueLab (2001-2003) ; le PHASE (2003-2004) ; Enigmes : http://projetenigmes.free.fr ; Topophonie (2009-2012) : http://www.topophonie.fr

15 h 30 > Nicolas Misdariis, Recherche, processus et création sonores

« La recherche en design sonore » : l'équipe Perception et Design sonores de l'Ircam articule ses travaux entre recherche en perception auditive et applications en design sonore, entre un savoir scientifique et un savoir-faire artistique, qui définit une approche complémentaire pour un programme de recherche en design sonore. En effet, nous partons du principe que ce champ artistique émergeant, que l'on pourrait décrire comme la tentative de faire entendre une intention, repose à la fois sur une analyse méthodologique du point de vue acoustique, perceptif ou ergonomique – propre au chercheur – mais également sur une intuition créatrice et une singularité artistique – propre au compositeur – permettant la conception de nouveaux sons sur la base de règles esthétiques et fonctionnelles pré-définies. Cette approche générale ainsi que les méthodes de travail associées seront développées et détaillées à la lumière des principaux axes de recherche et de différents projets appliquées, menés au sein de l'équipe au cours de la dernière décennie.

Nicolas Misdariis est diplômé d'une école d'ingénieurs à composante mécanique et d'un DEA d'acoustique (LAUM, Le Mans). Chargé de recherche à l'Ircam depuis 1995, dans le cadre de différentes thématiques de recherche, notamment psycho-acoustique, perception, acoustique musicale ou synthèse sonore par modélisation physique et, plus récemment au sein de l'équipe Perception et Design sonores, perception des sons de l'environnement et interfaces homme-machine sonores.

17 h 00 > Philippe Langlois, Travail radiophonique

Entre création et radiophonie, un panorama historique et esthétique de la création radiophonique au XXe siècle se dessine ; depuis les premières expériences radiophoniques et poétiques de Guillaume Apollinaire, Kurt Schwitters, Walter Ruttmann en passant par les différentes formes de création radiophonique, poésie sonore, Hörspiel, dramatiques, etc., produites dans le cadre de l'Atelier de création radiophonique de France Culture.

Philippe Langlois est Docteur en musicologie, chercheur permanent au MINT (Musicologie, informatique et nouvelles technologies) au sein de l'Observatoire musical français, Université de Paris Sorbonne. Né en 1970. De 2002 à 2011, il coordonne, avec Frank Smith, l'Atelier de création radiophonique de France Culture et co-dirige la collection ZagZig aux éditions Dis Voir (http://www.disvoir.com). Compositeur de bandes sonores pour des films, des installations plastiques, des lectures, il enseigne également l'histoire et la théorie du sonore à l'école supérieure des beaux-arts Tours-Angers-Le Mans.

jeudi 1er mars

14 h 00 > Philippe Langlois, Les Cloches d'Atlantis

C'est à l'histoire des inventions sonores au cinéma, au croisement de la technique, de la musique et du cinéma, dans le sillage des compositeurs et des cinéastes les plus inventifs, que nous convie Philippe Langlois. Des dispositifs de sonorisation du cinéma muet, aux manipulations du son qui découlent de l'usage de la piste optique, de la fiction aux films documentaires, du cinéma d'animation aux films expérimentaux, un champ ténu de convergences s'élabore où se dessine une forme de préhistoire des musiques électroacoustiques. Ces expériences ne sont, d'ailleurs, pas sans influence sur la démarche de Pierre Schaeffer lorsqu'il invente la musique concrète, et qu'il concrétise sa démarche au sein du GRMC et du Service de la Recherche de l'ORTF qu'il dirige jusqu'en 1975. Après les années cinquante, les musiques électroacoustiques ne cessent de gagner une place de plus en plus importante, jusqu'à se fondre totalement au sein du dispositif cinématographique et irriguer les principaux courants artistiques du cinéma expérimental et du cinéma d'auteur. Une manière totalement neuve d'aborder l'histoire parallèle et underground des musiques électroacoustiques au cinéma, à l'issue d'un travail de recherche de plus de dix années.

*[Les Cloches d'Atlantis, musique électroacoustique et cinéma, archéologie et histoire d'un art sonore, paru aux éditions mf en février 2012]

15 h 30 > Thibault Autheman

présentera son travail autour de deux axes : Bruit, désordre et itération ;
Bruit et forme (sur la composition stochastique) et produira une performance.

Une console analogique en circuit fermé, une guitare équipée de moteurs électriques qui joue toute seule, diverses contractions électroniques ou abstraites dont les noms évoquent des impossibilités physiques comme The Betweenoscope ou des artefacts occultes à la façon du Soft Carnage Manifesto, c'est à partir de ces dispositifs que Thibault Autheman construit ses performances sonores.

Résident à Londres depuis plus de dix ans, Thibault Autheman a développé un univers ou sciences, magie et philosophie s'entrechoquent et contribuent à l'élaboration d'un art compliqué de l'invisible et du simple. Un monde familier pour le pataphysicien chevronné et terrifiant pour les adeptes de la série TV « Friends ». Thibault Autheman a récemment travaillé pour Brian Eno sur le projet The Transient Cube.

17 h 00 > Alexandre Castant, Planètes sonores

Depuis le dialogue des arts et les synesthésies symbolistes, à travers les avant-gardes historiques et l'invention technique de la sphère audiovisuelle, en phase avec les recherches de la musique concrète, et, ultérieurement, liée à celles de la musique pop, l'exploration d'un langage sonore par les arts plastiques s'est constitué, depuis la modernité, au fil d'une arborescence de propositions. Si de telles préoccupations (sémiologiques, poétiques, esthétiques) sont d'abord le fruit d'une expérimentation, elles résultent aussi d'une interrogation sur les notions de correspondance, de passage, de transfert d'un signe à l'autre et des méthodes qu'elles impliquent, ces transpositions esthétiques, pour être mis au jour. Images/sons ? Leur constitution de nouveaux langages fait aussi apparaître l'incandescence de la recherche visuelle et sonore actuelle, ses utopies.

Alexandre Castant est essayiste, critique d'art, et professeur à l'école nationale supérieure d'art de Bourges, où il anime, entre autres, le séminaire l'Atelier sonore d'esthétique (http://ateliersonoredesthetique.ensa-bourges.fr).

[Planètes sonores, radiophonie, arts, cinéma est paru aux éditions Monografik en 2007 (nouvelle édition augmentée, 2010)]

vendredi 2 mars

14 h 00 > Matthieu Savary, Petites bêtes bruyantes et interfaces sales

Les interfaces sales appartiennent à cette nouvelle génération de contrôleurs complexes qui exploitent les nuances les plus infimes du réel pour précipiter l'humain dans une relation organique avec la machine. Au travers de l'exemple du contrôle de particules virtuelles, sonores et visuelles, l'on explorera les potentiels de tels dispositifs d'interaction dans un contexte de performance ou encore de modélisation.

Designer, co-fondateur de User Studio, agence pionnière du design de services en France ; formé au design à Paris (ENSCI - les Ateliers) et à Helsinki (Media Lab), Matthieu Savary se consacre à la recherche, conception et développement des outils qui facilitent le processus d'innovation dans les entreprises et sur les territoires. Il intervient à l'ENSCI, aux Entretiens du Nouveau Monde industriel ainsi que dans divers instituts culturels. Passionné de New Media Art et Creative Coding, il conçoit des dispositifs de création à l'intention des artistes et musiciens et enseigne Processing, environnement de développement simplifié d'applications créatives.

15 h 30 > Bertrand Amiel, Voir, les yeux fermés (séance de bruitage en direct)

Bertrand Amiel est à sa table de travail, recouverte d'objets et de matériaux hétéroclites sortis de sa valise : clochettes, plateau tournant d'ordinateur, hachoir, polystyrène, bombe à air comprimé, ballon, sifflet, etc. Initié par son père, Louis, qui comptait parmi les grands bruiteurs de Radio France dont les feuilletons épiques animaient les demeures avant l'arrivée de la télévision, il y entre à son tour et n'a depuis jamais cessé de s'amuser. Ce qu'il faut, dit-il : « Ne pas avoir d'oeillères aux oreilles, être chineur, comédien, jouer de sa bouche, de ses pieds et de ses mains ! »
Des mains du bruiteur naissent des images.

Exerce l'art du bruitage pour le cinéma, le théâtre et à Radio France depuis les années quatre-vingt. Contributions à de nombreuses pièces radiophoniques et créations d'environnements sonores, dont celui de Bernard Valéry pour l'exposition universelle à Shanghai (2010) ; collaborations avec Bernard Delage, acousticien ; interventions lors de séminaires ou manifestations (les Radiophonies, la Semaine du son, les ateliers Bruit du PUCA, …).